Nos bagages officiellement déclarés égarés, il n'y avait donc plus qu'une seule chose à faire : nous rendre aussi vite que possible à l'hôtel et trouver une échoppe où il nous serait loisible d'acheter le nécessaire pour affronter les rigueurs de notre situation : une brosse à dents et un tube de dentifrice.
Budda, bien sûr, ne s'en était pas tenu qu'au collier de fleurs. Le minibus qu'il avait prévu pour notre transfert de l'aéroport à l'hôtel était si propre et si spacieux qu'il eût permis de nous loger si sa fonction ne s'était pas cantonnée à nous conduire ! Nous montâmes donc dans notre carrosse luisant, tels des souverains d'Egypte accueillis en terre étrangère, et en quelques coups de klaxons bien sentis nous commençâmes de parcourir les rues de la capitale. Quel spectacle ! Nous qui venions de Londres, où moins de vingt-quatre heures auparavant, nous baguenaudions au hasard, admirant les fastueuses réalisations architecturales d'une cité toute entière vouée au culte de la réussite et l'auguste silhouette de Tower Bridge enjambant la nonchalante Tamise, nous découvrions ici un autre monde, un autre temps, une autre effervescence...
Une demi-heure plus tard, nous étions au pied du plus grand stuppa de Katmandou et découvrions le cadre enchanteur de l'hôtel que Budda avait réservé pour nos deux premières nuits sur le sol népalais. Nous découvrîmes ainsi nos appartements et eûmes tout le loisir d'imaginer où nous aurions pu poser nos affaires si seulement nous avions pu récupérer nos bagages. La brosse à dents ! Il était déjà tard et il nous fallait impérativement partir en quête de cet ustensile indispensable.